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Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg
Dernières Nouvelles d'Alsace, Strasbourg, France
5 octobre 2002

Fibonacci, en terre d'excellence

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Julie-Anne Derome. Un archet de très grande finesse. (Photo DNA-Cédric Joubert)

 
• • • C'était la dernière séance de musique de chambre de cette édition de Musica au Palais du Rhin : un concert du trio canadien Fibonacci a très remarquablement servi les oeuvres de Harvey, de Finissy et de Rihm. Le bref Vers est une commande à Jonathan Harvey pour les 75 ans de Pierre Boulez, et Tombeau pour Messiaen, composé in memoriam, en 1994, pour saluer, cette année-là, la disparition du compositeur : l'une et l'autre page illustrent, dans l'écriture pianistique de Jonathan Harvey, une dominante harmonique, soit à l'instrument seul, soit avec le développement que permet l'électronique live - reprise ou énoncé préalable des accords au clavier, avec distorsions éventuelles. On y observa d'emblée la précision du jeu d'André Ristic, dans la coordination des éléments, la netteté de la frappe, dans l'attaque près des touches. Le duo Flight-Elegy, de Jonathan Harvey toujours, est dédié au souvenir de Peter Gibbs, violoniste mais aussi pilote, passionné d'aviation, qui un jour disparut mystérieusement - on retrouva son corps, mais jamais son avion.

Un nouveau romantisme

Le violon, en grand écart avec le piano, y laisse planer sa ligne en hauteur, ce que souligna avec une très grande finesse le rigoureux archet de Julie-Anne Derome. Le Piano Trio de Harvey, de 1971, démarre sur les cordes, à l'unisson, et l'entente demeure ensuite, entre les trois interprètes, dans les textures les plus diversifiées - au violoncelle, Gabriel Prynn s'intégra parfaitement à l'équipe de Montréal. Pages de Michael Finissy ensuite : dans Necessary and more detailed Thinking tout comme dans Independence Quadrille, le jeu en trio est également très équilibré et convivial, et l'on sent déjà, dans l'écriture, un côté schumannien que le nouveau romantisme de Wolfgang Rihm accentuera très franchement, en ultime page de ce concert, dans Fremde Szene II, de 1984. Avec cette boulimie des notes qui mène aussi à des accumulations formidables, à des accélérations fantastiques, que le trio Fibonacci restitua excellemment.

Marc Munch

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